Mon chat me réveille
toutes les nuits !
Par Florence
Cailliot-d'Ivernois, comportementaliste
www.comportementaliste-chat.com
Avertissement : assurez-vous auprès d'un vétérinaire que votre chat
est en bonne santé avant de conclure qu'il s'agit d'un problème
exclusivement comportemental
La cohabitation avec un chat
peut rapidement devenir un enfer si celui-ci a décidé de vous
réveiller toutes les nuits. En dehors de l’inconfort évident que
cela représente, d’autres enjeux important se cachent à long
terme derrière un tel problème : la fatigue s’accumulant jour
après jour, on est moins efficace dans son travail, et il peut
arriver qu’on en vienne à vouloir se séparer de notre compagnon
pourtant si adorable en journée. D’où l’intérêt de comprendre
rapidement ce qui pousse minou à adopter un tel comportement.

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Le chat, un animal nocturne |
Ce n’est pas une grande
nouvelle : les félins sont généralement des animaux nocturnes et
chassent surtout leurs proies la nuit, qui, bien souvent, sont
elles-mêmes nocturnes. Le chat chasse par exemple les souris et
autres rongeurs qui sortent de leurs trous à la tombée du jour.
Plus précisément, c’est au crépuscule et à l’aube que les chats
sont les plus actifs. C’est leur rythme instinctif, et la vie
dans nos maisons et appartements n’empêche pas toujours cette
tendance de s’exprimer.
Le problème ne se pose pas lorsque le
chat à un libre accès à l’extérieur : « il fait sa vie », comme
on dit, et cela ne perturbe pas notre sommeil. Mais quand la
cohabitation est plus étroite, et que le chat doit se plier à
nos horaires, il peut arriver que l’on ait des surprises…
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Les « quarts d’heure de folie » |
Ils ne sont pas rares les
propriétaires de chats qui relatent des crises de folie
passagères de leur minou et qu’ils ne comprennent pas. A quoi
cela ressemble-t-il ? Généralement, le chat se met à courir
« comme un dératé » en long et en large de l’appartement (ou de
la maison). Il fait de véritables dérapages, plus ou moins
contrôlés d’ailleurs (!). Souvent, il pousse des cris, des
miaulements à déchirer le cœur, voire des hurlements ou des
grondements aussi, puis se remet à courir. Certains chats
grimpent réellement aux rideaux, parfois aux murs s’il y a du
papier peint qui agrippe.
Les pupilles sont dilatées, ce qui
peut en effrayer plus d’un, même les maîtres du chat, qui ne
reconnaissent plus leur adorable chat si doux par ailleurs. Ces
« quarts d’heure de folies » se nomment ainsi car cela dure en
moyenne quinze minutes. Et cela se produit soit à l’aube, soit
le soir au crépuscule ou franchement tard dans la soirée : vers
minuit par exemple, ce qui ne manque donc pas de réveiller les
couche-tôt et les lève-tard. Ces crises de folies sont en fait
des crises d’activité, c’est à dire que le chat concentre en ces
quelques minutes tout son besoin d’activité journalier. Ce
phénomène se produit quand les besoins d’activités du chat
arrivent à leur paroxysme : à son heure instinctive d’agitation
maximum.
Cela ne touche pas tous les chats, mais essentiellement les
chats qui n’ont pas les moyens de se dépenser suffisamment au
quotidien. Le plus souvent des chats d’appartement

Le manque d’activité
journalier peut également se traduire par de l’agitation
nocturne moins surprenante mais bien plus gênante. Le chat vient
par exemple mordre ou griffer les mains de leur maître dans leur
lit, viennent jouer avec les doigts de pieds et font mine
d’attaquer les pieds au moindre mouvement des personnes
endormies.
D’autres chats deviennent de véritables prodiges dans l’art de
faire du bruit : gratter aux portes, miauler à tue-tête, faire
tomber des objets, se faire les griffes sur des substrats
bruyants. Pourquoi ? Pour nous faire réagir bien sûr ! En effet,
les propriétaires sont les uniques sources d’action et d’intérêt
pour un chat qui reste seul toute la journée dans un appartement
ou une maison où il ne se passe rien.
Et la moindre des réactions des propriétaires (un chausson qui
vole, une réprimande, la personne qui se lève pour poursuivre le
chat dans l’appartement, ou mieux : une distribution de
nourriture ! etc.) est une source d’activité et d’occupation.
Que la personne réagisse agréablement ou désagréablement, il se
passe quelque chose dans l’appartement, et c’est là le
principal.
Le chat adopte ce comportement à des heures indues qui sont en
général liées au lever ou coucher du soleil (toujours en lien
avec le rythme naturel du chat) : vers 4-5 heures du matin en été, vers
6-7 heures en hiver. Et le chat est tenace : le manège peut
durer plusieurs heures, jusqu’à épuisement physique et moral des
personnes.
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Occuper le chat en journée… |
Pour y remédier, c’est plutôt
simple : il faut que le chat ait suffisamment d’occupations en
journée pour que l’envie lui passe de réveiller ses maîtres. On
peut conseiller par exemple de proposer à notre minou un
compagnon de jeu, surtout quand il est encore petit ou jeune.
C’est la quasi garantie de tranquillité (à moins que les deux
chats ne se courent après dans la maison et que cela vous
réveille…).

D’autres solutions consistent à rendre l’habitat plus interactif
en journée, en mettant en place des jeux qui s’agitent tout
seuls. Par exemple un mobile fait maison disposé dans l’axe
d’une fenêtre entrouverte ou d’un courant d’air pour qu’il
bouge tout seul (ça peut être une plume au bout d’une ficelle).
On peut aussi mettre des balles de ping-pong dans une bassine,
afin que dès que le chat les touche, elles continuent de bouger
pendant un bout de temps.
Cacher des croquettes à des endroits toujours différents de la
maison stimule aussi le chat dans sa recherche de nourriture.
Il faut de toute façon faire appel à son imagination et penser à
renouveler souvent les systèmes mis en place pour les garder
attractifs et efficaces.
Rien n’a encore pu prouver l’utilité de laisser la télé ou la
radio allumée, mais il est certains que cela ne constitue pas
une activité en soi pour le chat.
Dans tous les cas, on conseille de jouer au maximum avec le chat
pendant les périodes de présence. Plusieurs fois dix à quinze
minutes réparties le matin ou en soirée.
Parallèlement, pour que le
chat ne soit pas récompensé dans son comportement nocturne, on
ne répondra JAMAIS à ses agitations (et surtout pas une fois de
temps en temps, cela signifierait pour le chat qu’il faut qu’il
redouble d’efforts pour obtenir satisfaction). Cela veut dire
entre autre qu’on ne se lève pas, on ne parle pas au chat, on ne
le regarde pas (on ne le nourrit pas évidemment), on ne bouge
pas même un pouce. Pour obtenir l’extinction du comportement
gênant, il faut tenir bon pendant au moins dix à quinze jours.
Les agitations vont s’intensifier pendant un temps, puis
normalement brutalement s’interrompre si on a tenu le coup.

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L’agitation
nocturne signe de détresse |
Pour finir, il ne faut pas
négliger une autre cause d’agitation nocturne : la détresse du
chat. En effet, un stress quotidien, une grande inquiétude, un
malaise général peut induire chez le chat des troubles du
comportement qui vont se déclarer la nuit. Cela prend souvent la
forme de miaulements intempestifs, de râles qui évoquent en tout
cas la détresse, le mal être. Le chat semble ne pas pouvoir s’en
empêcher. Il le fait la nuit, mais aussi le jour, et surtout dès
le retour de ses maîtres. Il exprime effectivement qu’il va mal,
comme un nourrisson pleure pour évacuer sa tristesse.
D’autres chats se mettent à gratter leur litière pendant de
longues minutes, certains vont manger leurs croquettes tout au
long de la nuit, ou vont se lécher les poils de manière
compulsive et continue non loin de leur maître. Tout ça fait du
bruit (en tout cas dans les petites habitations cela s’entend
facilement). Pour y remédier, il faut impérativement trouver la
cause du stress de l’animal. Il ne faut surtout pas punir le
chat pour ces agissements, car on aggrave alors le problème.