Si l’on veut
« occidentaliser » l’analyse du fonctionnement du shiatsu sur le
corps, on parlera de son action sur le système nerveux autonome,
c’est à dire celui qui régule les fonctions du corps de façon
inconsciente. En effet l’appareil digestif, circulatoire,
hormonal etc.ne sont pas dirigés par la volonté mais par le
système sympathique et para-sympathique.
Le système orthosympathique est celui qui agit sur le corps
lors d’une situation de stress (en provoquant par exemple une
décharge d’adrénaline lors d’un danger), tandis que le système
para-sympathique agira dans le sens de l’apaisement, du retour
au calme de l’organisme pour sa mise au repos.
C’est ce système para- sympathique qui est stimulé lors d’une séance
de shiatsu par l’intermédiaire de capteurs situés au niveau de
la peau et sensibles à la pression dont la stimulation fera réagir
le système nerveux autonome.
Comment réagit
l'animal ?
Sur l’animal
comme sur l’humain, les pressions effectuées sur le trajet
des méridiens provoque rapidement un effet relaxant : le chien
cherche par exemple à se coucher. On voit clairement dans
leur attitude et leur regard apparaître une expression de
grand confort. Parfois, lors de la première séance, cet épisode
de relâchement est précédé d’une réaction de surprise comme si
la circulation de l’énergie provoquait fourmillements ou
picotements.
Dès la deuxième séance les animaux s’abandonnent totalement et
manifestent dès le début leur intérêt pour la personne qui leur
a fait découvrir ce bien-être. Il m’est arrivé plusieurs
fois de donner un shiatsu à un cheval de race percheronne, donc
un cheval de trait dit de race « lourde », et de voir son
propriétaire ébahi devant le spectacle de cette grosse tête
posée sur mon épaule, les yeux fermés dans un abandon total
suivi de longs bâillements…
Mais que soigne le Shiatsu ?
Comme
expliqué ci-dessus, le système para sympathique mis en œuvre
lors d’une séance va réguler les grandes fonctions gérées
par le système dit « neurovégétatif ». C'est-à-dire que
le shiatsu aura des répercussions sur tout l’organisme, tant
sur le plan digestif (dans le cas de ballonnements,
spasmes, diarrhée etc.…), que sur le plan circulatoire
(meilleure irrigation de tous les tissus), lymphatique,
hormonal ou immunitaire.
Le shiatsu ne séparant jamais l’aspect physiologique de
l’aspect nerveux, les améliorations sur le plan
émotionnel sont étroitement liées aux bénéfices ressentis
par le corps. On aura donc intérêt à faire suivre de
façon régulière en shiatsu un animal anxieux, stressé, dont
l’état de tension risque d’avoir des répercussions sur la
peau, l’appareil digestif, ou ostéo -articulaire.
La
sollicitation du système para sympathique provoque le
relâchement des fibres musculaires, on voit donc
l’intérêt de cette méthode dans les dorsalgies du chien,
ainsi que dans les douleurs musculaires ou ostéo
articulaires.
Le Shiatsu n'est
pas pour autant une méthode miracle
Plusieurs séances (généralement trois, espacées de 15 jours
à 3 semaines) sont nécessaires pour constater une
amélioration de l’état général (même si on assiste
parfois à un changement spectaculaire dès la première
séance).
En effet, le shiatsu n’intervient pas comme un élément
extérieur « guérisseur », mais comme un moyen de
remettre en route et de stimuler les capacités d’auto
défense et de « réparation » de l’organisme.
Mais cette méthode de soins, comme toute technique »
orientale », s’inscrit surtout dans un aspect préventif ;
ne dit-on pas du « bon » médecin chinois que c’est celui qui
n’a pas de patients à « soigner » puisqu’il a su, de manière
préventive optimiser les capacités de leur système
immunitaire, dénouer leurs tensions musculaires et nerveuses
et ainsi faciliter le bon fonctionnement de leurs organes
vitaux pour éviter l’apparition des déséquilibres, donc de
la « maladie ».
Dans le domaine de la science vétérinaire c’est avant
tout cette place de médecine complémentaire qu’il faut
donner au shiatsu. Il ne s’agit en aucun cas de se
substituer au praticien vétérinaire en cas de maladie, ni à
l’ostéopathe en cas de lésions structurelles, mais bien de
travailler sur l’équilibre général du corps pour en
faciliter le fonctionnement harmonieux.
Certains
médecins ou vétérinaires sont d’ailleurs aujourd’hui tout à
fait ouverts à ce type de soins complémentaires à condition,
bien sûr, qu’ils ne s’exercent jamais à l’encontre des
techniques de la médecine allopathique, et qu’ils soient
exclusivement effectués par des praticiens ayant reçu une
formation sérieuse.