De quoi a
besoin le chat pour être heureux ?
Par Florence
Cailliot-d'Ivernois, comportementaliste
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Le chat a besoin de
vie et d'activité : |
Toute vie a besoin de vie,
c'est à dire de mouvements, de stimulations (sonores, visuelles,
olfactives, sensitives), d'actions. En bref, qu'il se passe
quelque chose. N'a-t-on pas inventé la prison pour punir les
humains "malveillants" ? Et quel est son principe ? Priver les
individus de se déplacer librement, d'être confrontés à la vie
environnante, de pouvoir humer la végétation, de pouvoir parler
et rencontrer librement les gens aimés.
Le chat, qui est un prédateur, à
d'autant plus besoin d'activité ! Il doit pouvoir être stimulé et
pouvoir se déplacer librement, mettre de la vie à son corps, son
esprit, son intellect.
Autant dire que pour avoir un chat
épanoui en appartement ou en maison fermée, il faut compenser ces
manques essentiels (jeu, sorties, stimulations, pas de trop longues
absences etc.)

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Le chat a besoin d'un
bon démarrage dans la vie : |
C'est la base de sa vie, ce
sur quoi s'appuie son être entier, les fondations de son
caractère, de sa psychologie, de ses émotions : le chaton doit
rester au moins 3 mois complets avec sa mère et sa fratrie.
D'autre part, il doit avoir reçu
suffisamment de stimulations pour pouvoir faire face en toute
quiétude à tout ce que lui apportera la vie sans avoir peur de tout.
Les stimulations doivent être tactiles (caresses, contacts),
auditives (tous les sons de la vie avec les humains, aspirateurs,
machine à laver, musiques etc.), visuelles (différentes formes,
couleurs...), olfactives (de toutes les odeurs de la vie courante),
gustative (s'il a la chance de pouvoir chasser différentes proies)

Les stimulations doivent être proposées avec mesure et à un
rythme qui respecte la sensibilité du chat. Pas assez de
stimulations dans la prime enfance a pour conséquence un chat qui a
peur de tout. Trop de stimulation transforme un chat en un vrai
bulldozer qui est hyper actif, hyper réactif et anxieux s'il reste
seul et sans activité dès la première heure...
Le chaton doit rencontrer toutes les espèces avec lesquelles il
devra cohabiter plus tard : d'autres chats, des chiens, des humains,
des bébés, des oiseaux, des lapins etc...
Les réprimandes, les punitions, les coups, les pichenettes et
autres méthodes pour tenter "d'éduquer" le chaton sont autant de
moyens rapides et efficaces d'en faire un chat anxieux, agressif,
ingérable, malpropre ou peureux, au choix.
Le non respect de ce bon démarrage dans l'enfance peuvent en grande
partie expliquer les difficultés que l'on rencontre avec les chats.
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Le chat a besoin d'un
territoire agréable : |
C'est une évidence, plus la surface est grande, mieux c'est.
Mais mieux vaut une petite surface pleine de vie qu'un grand
espace où il ne se passe rien des heures durant.
Un territoire en 3 dimensions : lui offrir un maximum de
possibilités de monter en haut des meubles (armoires, frigo,
étagères...).

Un territoire qui "sent bon le chat", c'est un dire un lieu qui
puisse être correctement marqué par le chat lui-même et qui ne soit
pas envahi d'odeurs inquiétantes et perturbantes (parfums
d'intérieurs, produits ménagers, phéromones de synthèse, huiles
essentielles etc.)
Un territoire qui ne soit pas envahi d'autres chats si minou
n'aime pas la compagnie de ses congénères.
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Le chat a besoin de
soins matériels : |
une nourriture saine et adaptée à sa corpulence, son activité,
son âge, sa santé. Le chat ne peux pas comprendre qu'on le mette
au régime. Pour lui, il vit une sorte de disette, et il en
souffre terriblement. Et si on vous mettait au régime forcé,
dans quel état d'esprit seriez-vous ?
Un lieu d'évacuation (litière) rassurant et agréable : ni trop
nettoyé (cela doit sentir bon le chat) ni pas assez (un lavage
complet une fois par semaine et on enlève les cacas une fois par
jour). Une litière qui ne soit pas recouverte et de surcroît avec
une porte (il aime être dans un lieu discret pour évacuer, certes ,
pas dans une boîte à sardines...). Une litière qui soit positionnée
dans un lieu calme et pas trop enclavé (surtout pour les plus
inquiets).

De la chaleur ou du frais selon la saison, de la protection (une
maison ou un abri), du "luxe" (des coussins confortables par ex.)
Des soins médicaux s'il en a besoin. MAIS il faut toujours
peser le pour et le contre si le chat est en panique chez le
vétérinaire. Guérir son corps au prix de lui faire vivre des
traumatismes...est-ce toujours le bon choix ?
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Le chat a besoin que
l'on respecte sa personnalité |
Chaque chat est unique ! On ne
peut rendre heureux un chat que si l'on accepte ses
particularités et que l'on s'y adapte. Entre autre :
Le chat doit recevoir une affection adaptée à son caractère.
Certains ont un besoin débordant de caresses, papouilles et autres
contacts rapprochés, d'autres ne supportent tout simplement pas
d'être caressés plus de quelques secondes. Tous les chats n'aiment
pas être portés dans les bras. Un chat peut être pot de colle et
pourtant ne pas apprécier les caresses. Un autres peut à l'inverse
adorer les caresse mais faire sa vie par ailleurs en toute
indépendance.
Il faut adapter un contexte de vie et des relations adaptés à la
sensibilité du chat. Les plus émotifs aimeront un lieux de vie calme
et sans surprise, les plus robuste ne demanderont qu'à barouder sans
surveillance par exemple. Autres exemples : on ne cherche pas à
punir ou éduquer un chat peureux.
Il ne faut pas imposer une cohabitation avec un autre chat à un
minou qui n'a pas pu développer sa sociabilité. Tous les chats
n'aiment pas rencontrer d'autres chats... loin s'en faut.

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Le chat a besoin
d'amour et de respect : |
Aimer un chat, c'est respecter
ses besoins, même si le prix à payer est de s'en séparer pour
qu'il soit plus heureux ailleurs, même si c'est au prix de ne
pas avoir de chat, même si cela signifie qu'il prend le risque
de se faire tuer parce qu'il vit en liberté, etc. Aimer un chat,
c'est l'aimer pour lui, par pour nous.
Aimer un chat, c'est aussi ne pas
avoir sur lui le droit de vie et de mort. Faire euthanasier un chat
parce qu'il est en fin de vie ne devrait pas être un automatisme. Le
chat, lui aussi, a le droit de mourir de mort naturelle. Aucun être
n'échappe a une certaine souffrance en vieillissant. L'animal, comme
l'humain, a le droit de mourir chez lui, auprès des personnes qu'il
aime et qui l'aiment.
Faire tuer son chat parce que l'on
n'accepte pas qu'il souffre, c'est refuser de voir en face ce qu'est
la vie et c'est imposer à notre animal notre fuite en avant devant
la mort et la maladie (et donc notre propre destin). C'est un choix
que l'on fait bien souvent pour soi, et non pas vraiment pour lui
(car des traitements anti-douleurs peuvent aider le chat à vivre
dignement ses derniers jours sans trop de souffrances).