Les
premiers jours de la vie d'un chaton
un grand périple !
Par Florence
Richard, Éleveuse de
chat Sacré de Birmanie
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Mortinatalité et
mortalité avant sevrage |
Le
taux de mortinatalité (chatons morts nés) atteint de 4 à 16 % tandis
qu’il s’avère un pourcentage de 10 à 20 % des chatons qui décèdent
avant le sevrage. Les pertes se situent généralement lors de la
première semaine de la vie du chaton.
Dans un effectif de chats indemnes de germes pathogènes, où les
pertes dues aux infections sont négligeables, la mortalité est
généralement inférieure à 40 % de mort-nés et 19 % de décès avant le
sevrage.
D'autres facteurs peuvent
influencer le taux de mortalité au sein de la portée :
les
plus faibles taux de mortalité néonatale sont observés chez les
femelles primipares. Les femelles mises à la reproduction
tardivement perdent plus de chatons que celles qui reproduisent
vers l’âge d’un an.
Le
poids de la chatte : les chattes de petits gabarit font naître
statistiquement moins de chatons que celles de plus grand format et
celles de fort gabarit perdent généralement plus de chatons.
L’explication à ce phénomène est tout simplement que l’excès de
graisse à tendance à favoriser une anoxie néonatale. (arrêt de
l'apport d'oxygène aux tissus, notamment cérébraux).
Taille
de la portée : les chatons uniques peuvent mourir avant le
sevrage, selon plusieurs statistiques sur le sujet.
Poids
de la naissance : les chatons d’un faible poids ont un taux de
mortalité double ou quadruple par rapport à un chaton qui a un poids
« normal » à la naissance. Le faible poids de la naissance
s’accompagne aussi à une immaturité physiologique qui l’empêche de
se battre pour survivre.
Le
taux de mortalité peut aussi être la cause de gestes inappropriés
par les éleveurs dans les premières heures de la vie du chaton.
Certains éleveurs voulant aider trop pressement la chatte qui met
bas, peuvent faire des gestes mal appropriés. Par contre certains
éleveurs, voulant laisser faire « dame nature » décident sciemment
de ne pas intervenir dans la mise bas, sous prétexte de la sélection
naturelle, ce qui permettrait pour eux, de sélectionner les sujets
les plus robustes.
C’est la cause la plus fréquente de mortalité des jeunes chatons
entre un et cinq jours de vie. Certains auteur présentent l’érythrolyse
néonatale la cause n° 1 dans certaines races comme le British, le
Rex Cornish, etc….. Elle correspond à la destruction des globules
rouges du nouveau-né, par l’action des anticorps de la mère par la
prise du colostrum. Comme les anticorps ne passent pas ou très peu
pendant la gestation, les chatons atteints sont parfaitement normaux
à la naissance.
Une
particularité de l’espèce féline et la raison pour laquelle l’érythrolyse
néonatale est si fréquente sont que les chats de groupe B produisent
spontanément des anticorps anti-groupe A.
Lorsqu’une femelle de groupe B donne du colostrum à ses chatons,
elle leur transmet ses anticorps qu’elle possède : les anticorps
anti A. Ces anticorps vont passer dans le sang du chaton pendant les
16 premières heures de vie du chaton. Si le chaton est de groupe A,
les anticorps de la mère vont détruire ses globules rouges. Il
présente alors une érythrolyse néonatale. A l’inverse, les anticorps
anti B d’une femelle de groupe A ne sont pas assez actifs pour
détruire les globules rouges des chatons.
Symptômes :
En cas d’érythrolyse néonatale, les chatons sont de poids, de taille
et de vitalité normale à la naissance. Dans les heures qui suivent,
trois évolutions sont possibles :
Suraiguë : la mort n’est précédé
d’aucun symptôme particulier, à part un arrêt de la tétée dans les
dernières heures. L’autopsie ne révèle souvent aucune anomalie
macroscopique.
Subaiguë : le chaton est faible avec
une anorexie passagère, perte de poids et cela conduit au décès du
chaton après une semaine environ.
Aiguë : La mort du chaton intervient
après une semaine environ alors que le chaton a évolué normalement.
La tétée s’arrête et on constate une hémoglobinurie (présence
d’urine rouge), et un ictère (coloration jaune des muqueuses).
Parfois les anticorps de groupe A forment avec les globules rouges
un précipité dans le sang, ces complexes vont bloquer l’irrigation
des extrémités provoquant un phénomène de nécrose de la queue ou des
oreilles.
Toute mortalité de chatons dans les premiers jours de vie doit
entraîner une suspicion d’une érythrolyse. Pour exclure cette
conclusion, il suffit de déterminer le groupe sanguin de la femelle.
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Hypoglycémie,
hypothermie, déshydratation |
Cette affection qui atteint les chatons est assez
fréquente mais peut être pris en charge médicalement. Le chaton naît
très immature, il a peut de réserve de sucre et ne peut réguler sa
température interne avant trois semaines, il a aussi une grande
surface cutanée. Ces trois caractéristiques font que le chaton est
prédisposé au « syndrome des trois H » Hypoglycémie,
hypothermie, déshydratation.
L’Hypoglycémie :
le chaton n’a aucune réserve énergétique glycogénique hépatique et
musculaire, il ne possède pas non plus de tissu adipeux brun qui lui
permet de créer de la chaleur sans frissonner. Le chaton ne peut
maintenir sa glycémie qu’en ayant des repas réguliers.
L’Hypoglycémie se traduit par des périodes apathiques avec parfois
des crises de convulsion.
Si le chaton est en hypoglycémie, votre vétérinaire pourra lui
injecter du glucose.
L’hypothermie :
L’évaporation des liquides fœtaux entraîne une hypothermie à la
naissance. Le chaton est incapable de réguler sa température dans
les premières semaines de vie. Ce phénomène est dû également à une
immaturité du système d’autorégulation.
L’hypothermie se traduit par un désintéressement de la mère puis par
un arrêt de la digestion : en dessous de 34 ° C le chaton est
incapable de digérer. Avant de donner un biberon à un chaton, il
faut vérifier sa température rectale qui doit être supérieure à 34 °
C. Il n’est pas rare, lorsqu’on fait une autopsie d’un chaton qui a
été nourrit au biberon, de trouver du lait dans les poumons. Pour
limiter ces phénomènes d’hypothermie, il est important de contrôler
la température de la maternité et éventuellement d’utiliser des
chauffages d’appoint.
La déshydratation :
Le chaton est constitué de 82 % d’eau et il est très sensible à la
déshydratation.
Sa
peau a une peau fine et présente une grande surface par rapport à
son poids ; ses reins sont immatures et ses besoins hydriques
quotidiens sont de 14 à 16 ml pour 100 grammes de poids.
Pour
empêcher que le chaton se déshydrate, il faut conserver
l’hydrométrie autour de 60 % et de vérifier qu’il tète
régulièrement.
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Les infections bactériennes |
La
majorité des maladies bactériennes du nouveau-né sont dû à
l’environnement, c’est pour cela qu’il faut tenir un environnement
le plus sain possible. Le chaton peut présenter une infection
ombilicale (omphalite), une infection oculaire (ophtalmie) ou
cutanée (pyodermite)
Omphalite :
il n’est pas rare que la femelle fasse ses chatons dans la litière
et ceci peut favoriser les infections bactériennes.
Ophtalmie :
Il peut arriver qu’avant que le chaton ouvre ses yeux, une infection
apparaisse mais elle n’est pas facile à déceler. Un traitement local
à base de collyres antiseptiques et antibiotiques doit être mis en
place. Si l’ophtalmie n’est pas détectée, le chaton peu perdre la
vue ou avoir des lésions graves.
Pyodermite :
Cela arrive quand la maternité se retrouve dans une salle de bain et
que l’humidité est importante, ce qui favorise les germes. Les
facteurs favorisant ces affections bactériennes sont soit une
absence de colostrum, une mauvaise hygiène du lieu de la mise bas,
une infection maternelle (métrite, mammite, gingivite).
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Les autres causes de décès |
Le Fadding Kitten Syndrom :
C’est le syndrome du dépérissement du chaton. Ce syndrome inclut
toutes les causes de mortalité non élucidées ou d’affaiblissement.
La prématurité du chaton est
lourde car il a de ce fait une sécrétion insuffisante de surfactant,
qui est le liquide qui est situé dans les poumons qui permet aux
alvéoles pulmonaires de se déployer normalement. Les chatons ont
donc du mal à téter le colostrum et ces deux facteurs déclenchent
des pneumonies après quelques jours de vie.
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Les affections congénitales ou
malformations |
Elles représentent 10 à 20 % de la mortalité néonatale dont
certaines sont très visibles dès la naissance du chaton. Toutes les
tares ne sont pas mis en évidence et les chatons dépérissent
qu’après une période de plusieurs jours, voire plusieurs semaines.
Elles peuvent être dues à des problèmes du développement fœtal ou à
des traitements tératogènes pendant la gestion de la femelle et
agissent par voie transplacentaire sur l'embryon surtout dans la
période de l'organogénèse, en induisant des malformations non
héréditaires.
Quelques anomalies congénitales du
chaton :
anomalie du développement général :
nanisme, dysharmonies
anomalie du pelage et des phanères
(poil), soudure ou absence de griffes, anomalies numériques des
dents
anomalie du squelette ou des
muscles : absence de mandibule, de queue (courte ou absente)
anomalies ou absence de membres,
soudure des doigts (syndactylie), augmentation du nombre de doigts
(polydactylie)
anomalie des muscles : hernie
diaphragmatique cela se définit comme l'absence de développement de
tout ou partie d'une coupole diaphragmatique.
anomalies de l’appareil digestif :
fente palatine, bec de lièvre, imperforation rectale, agénésie
(partie du corps manquante)
malformations cardiaques
anomalies de l’appareil urinaire :
rein absent ou polykystique
anomalies de l’appareil génital :
chez la femelle absence d’une corne utérine et chez le mâle
cryptorchidie uni ou bilatérale.
anomalies du système nerveux :
colonne vertébrale encéphale ou cervelet.
surdité, cécité
monstruosités : chatons
soudés.
Ces
anomalies sont congénitales c'est-à-dire présentes dès la
naissance ; certaines d’entre elles sont héréditaires, c'est-à-dire
génétiques et transmissibles de parents à la descendance.
Les
troubles liées à la mère peuvent être des causes de mortalité non
infectieuses comme le cannibalisme ou des troubles du comportement
maternel : léchage excessif des chatons par exemple.
Les
causes infectieuses sont plus rares (viroses respiratoires, leucose
…)
En
cas de mortalité, l’autopsie est le seul outil qui permette de
savoir la cause de la mort du chaton. Certaine lésions internes sont
fortement évocatrices de certaines affections néonatales.
Sources : D’après le guide pratique de l’élevage félin de Royal
Canin
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ARTICLE
PROPOSÉ PAR |
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Florence Richard
Chatterie du Dragon de Jade
Présidente de Birmania and co
www.birmania-and-co.com |
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