Vous venez d'adopter un chien en refuge :
Les premiers jours de son arrivée
Par Danièle
Mirat, comportementaliste
www.communicanis.com
Pas d’attendrissement
exagéré et posez de suite les bonnes règles de vie en maîtres responsables,
compréhensifs et respectueux, mais pas trop permissifs sous prétexte que cet
animal a déjà trop souffert.
En voiture, il est prudent de le mettre à l’abri dans une boîte de transport,
il pourra se familiariser tranquillement
avec votre voix, vos odeurs.
Pas d’effusions bruyantes des enfants,
il a
plutôt besoin de calme pour modérer son stress.
S’il est malade durant le
voyage, abstenez-vous de vouloir le rassurer, vous ne feriez que le conforter
dans le sentiment qu’il a raison d’avoir peur.
Prenez le temps
d’aller le promener dans un endroit calme, sans le lâcher bien sûr, il est trop
tôt pour cela. Appelez-le par son nom d’une voix douce et félicitez-le s’il fait
ses besoins, il prend déjà un peu confiance en vous.
Dès l’arrivée chez vous,
laissez-le découvrir à son rythme votre espace de vie, les endroits permis ou
non.
Attribuez-lui tout
de suite une place avec son panier, des jouets, une gamelle d’eau. Choisissez un
coin tranquille où il pourra se réfugier, se reposer sans crainte et ne sera pas
dérangé (surtout par les enfants à qui vous devez apprendre le respect du
nouveau venu). Pas dans un lieu de passage (entrée, couloir, bas d’escalier) qui
permet de contrôler les déplacements de tous et ne met pas l’animal en place de
subordonné; ni dans aucune chambre qui doivent rester réservées aux humains.
Dès son premier repas
(toujours après le vôtre) veillez à ce
qu’il mange tranquille et seul en lui donnant le temps de s’adapter à sa
nouvelle nourriture (sans doute pas celle à laquelle il était habitué). Une fois
sa gamelle donnée, ne commettez jamais la maladresse de la lui reprendre sous
prétexte de lui montrer qui domine qui !! Le chien l’a attendue, une fois donnée
elle est à lui. Il pourrait vous craindre et déclencher une agressivité, qui ne
serait motivée que par la peur d’une personne imprévisible.
Ne forcez pas les contacts s’il est craintif, ne brusquez rien, il a
besoin de temps pour reprendre confiance, laissez le petit à petit venir à vous.
Il a pu être brutalisé par des humains de sexe masculin ou être malmené par des
enfants et continue de les craindre.
Temps, patience,
compréhension l’aideront à s’apaiser.
S’il est malpropre les premiers jours, ne soyez pas fâché, cela révèle sa
détresse, il lui faut le temps de s’adapter. S’il s’est soulagé la nuit ou la
journée en votre absence, nettoyez hors de sa présence, ne le grondez pas, un
chien ne peut pas associer votre colère présente à son action passée.
Si c’est un mâle, et qu’il
lève la patte sur un meuble devant vous, lancez de suite un NON ! sonore d’une
voix fâchée. On ne peut faire ainsi savoir son désaccord que quand on prend
l’animal sur le fait, jamais après.
Suite à
leur abandon, les chiens craignent les absences de leur nouveau maître. Il faut
donc les préparer doucement à des séparations momentanées.
Quand
vous restez à la maison, commencez par l’habituer à ne pas vous coller et à
rester un peu dans une autre pièce. Apprenez-lui ensuite que vos départs sont
toujours suivis de retours: pour cela quittez la maison sans le regarder ni lui
parler, restez dehors quelques minutes et revenez avec toujours une attitude
neutre, sans répondre à ses effusions de joie. Puis augmentez graduellement le
temps de vos absences.
Pour retrouver l’équilibre, ces chiens ont besoin de maîtres
indulgents, calmes, patients, affectueux mais sans excès, et sachant proposer
des règles de vie dans le respect de l’animal. Il s’avère sage parfois, de
prendre les conseils d’un comportementaliste, qui en 1 ou 2 entretiens, informe
les nouveaux maîtres des attitudes justes face à un animal momentanément trop
perturbé par l’abandon.