Comment
agir chez soi pour
éviter le réchauffement climatique ?
Par Mathieu Labonne
Climatologue au CNRS
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Tordons le cou au
idées reçues : ce n'est pas la faute de... |
Ce n'est pas la faute
des
politiques.
En démocratie, ils sont nos représentants et il n’y a pas de
raison qu’ils changent quelque chose si nous n’agissons pas et
ne leur demandons pas : la démocratie est la voie de la majorité
et non de la sagesse. Une fausse idée consiste d’ailleurs à
croire que la majorité d’entre eux connaît le sujet bien mieux
que le citoyen lambda ! Par contre c’est vrai que d’importantes
décisions politiques sont à prendre et qu’il ne faut pas oublier
de transmettre nos envies d’une économie plus respectueuse de la
Nature. Un exemple : taxer chaque année un peu plus les énergies
fossiles pour apprendre doucement à s’en passer et redistribuer
ces taxes dans des services non polluants et l’aide aux plus
démunis.
Ce n'est pas la faute
des Chinois
et des Indiens.
Les pays qui se développent très vite nous font peur et ont
certes beaucoup à faire aussi car leur développement est très
polluant (électricité massivement produite au charbon, ce qui
est d’ailleurs aussi le cas … des Etats-Unis). Mais si on
regarde les chiffres des émissions personnelles, un Chinois
d’aujourd’hui émet en moyenne 8 fois moins qu’un Américain et
2,5 fois moins qu’un Français (mais plus de 5 fois moins si on
parle de consommation, car le nucléaire français pollue peu le
climat). Bien sûr la démographie de ces pays rend le problème
plus difficile, mais comment leur demander d’agir si nous, qui
consommons et polluons plus, n’agissons pas ? Doit-on forcer le
maintien d’inégalités injustes ? Doit-on exterminer ces gens
trop nombreux qui nous empêchent de saccager le Monde en toute
impunité ? Bien sûr que non ! Le climat est un problème mondial
–nous respirons tous le même air– et, tous frères, nous n’avons
aucun moyen de justifier le fait que certains polluent tellement
plus.
Ce n'est pas la faute
des autres,
des riches…
Si une petite minorité était responsable, on lui aurait coupé la
tête depuis bien longtemps, tradition oblige ! Nous sommes tous
responsables, certes plus ou moins, car il ne tient qu’à nous
d’utiliser notre argent de façon non (ou moins) polluante. Et
nous sommes tous celui ou celle qui peut changer le monde. Nous
ne pouvons changer les autres avant de nous être changés
nous-mêmes, mais une fois que nous avons changé vers une vie
plus respectueuse, et donc plus heureuse, notre entourage change
naturellement après quelques temps et lui-même en changeant peut
changer un entourage plus grand… L’exemple individuel est
indispensable pour apporter un changement. Et, si on s’y
mettait ?
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Agir concrètement en
France |
Si vous
voulez agir en France, les mots magiques sont : voiture, avion,
chauffage et type d’alimentation et il faut avant tout :
Limiter
sérieusement vos transports en avion
(encore mieux les arrêtez, au moins pour les court et moyen
courriers). Un aller-retour Paris-New York c’est 1 tonne
d’équivalent carbone dans l’atmosphère ! Soit 2 fois plus que la
limite autorisée si on voudrait un monde durable et équitable !
Peut-être que d’un point de vue éthique, tous les trajets ne se
valent pas (4 jours au club Med à Cuba versus une mission
humanitaire de 6 mois à Cuba…), c’est un chacun de se poser la
question honnêtement…
Limiter
vos trajets en voiture.
2000 kms seul en voiture c’est entre 300 et 600 kgs de CO2 dans
l’atmosphère ! Le vélo c’est chouette et, comme la marche, c’est un
moment agréable et qui aide à se connecter aux évidences de la
Nature.
Limiter
le chauffage.
Chaque degré en moins chez soi c’est un geste respectueux de la
Nature et des évidences saisonnières qu’on oublie trop souvent. Un
mois de chauffage d’une maison « moyenne » française en hiver c’est
300 kgs de CO2…
Choisir
une alimentation moins polluante.
Tout d’abord il faut limiter notre consommation de viande. Un
Français moyen consomme 100 kilos de carcasse en 2000 alors qu’il en
consommait 30 en 1900. A cela s’ajoutent les arguments
philosophiques et médicaux en faveur du régime végétarien ou tout du
moins d’une autolimitation de notre consommation de viande (http://www.mere-nature.com/humains/societe/objections_vegetarien.php) !
Ensuite il faut manger local, c’est-à-dire acheter des
produits qui n’ont pas fait le tour du Monde pour arriver dans notre
assiette. Un exemple, les kiwis que l’on trouve viennent soit de
Nouvelle-Zélande, soit de France, vous comprenez bien que le coût
environnemental n’est pas le même : pensez au kérosène qui balade
ces kiwis autour du globe en avion ! Il faut essayer de manger
bio le plus possible. Cela coûte plus cher mais, si on limite
aussi sa consommation de viande, on s’y retrouve au niveau du
portefeuille, tous les calculs le prouvent. A cela s’ajoutent tous
les bienfaits d’une alimentation saine ! Enfin il faut éviter les
aliments sur emballés.
Si vous faites
tout cela, vous aurez diminué en général vos émissions suffisamment
pour être du bon côté de la limite ! Et si vous voulez aller plus
loin, tout simplement, limiter votre consommation !
Un grand et
sincère merci de la part de l’atmosphère et des habitants de notre
belle Planète !
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ARTICLE
PROPOSÉ PAR |
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Mathieu
Labonne Climatologue au CNRS
Laboratoire des sciences du climat
et de l’environnement
Pour le contacter:
labonne.mathieu@laposte.net |
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